Le dernier Verdingkind:

Le dernier Verdingkind est un Yéniche: une histoire vraie.

 

Juste après sa naissance, à l'hôpital de Saint-Gall Claude Gerzner a été arraché de sa mère par la Pro juventute. Claude a été placé en premier temps dans un orphelinat pour nourrissons, puis plus tard, dans un orphelinat à Gossau.
À l'âge de 10 ans, il a été transféré à l'orphelinat de Sainte Idaa, à Lütisburg, il y est resté jusqu'à l'âge de 16 ans. Claude a été victime de mauvais traitements dans ces établissements, et alors qu'il était encore mineur, il a été contraint à travailler pour une paie de 5.- de l'heure, sommes qui étaient versées aux établissements où il vivait, pour couvrir ses propres coûts.

Claude est l'une des rares personnes à admettre avoir été victime de mauvais traitements. Beaucoup de Verdingkinder ne partent plus sur le voyage et mènent une vie retirée. La honte qu'ils supportent est trop grande après les choses horribles qui leur ont été infligées. Claude est maintenant marié et a deux enfants. Claude nous répète souvent qu'il doit regarder vers l'avenir, penser au futur, il ne peut pas oublier, mais il essaye. Sur les photos vous pouvez voir les traces du passé...

Et les excuses que le président fédéral Alphons Egli a prononcé en 1986 ne changent pas grand chose...

Les Verdingkinder sont des enfants qui furent, en Suisse, placés dans des familles paysannes pour servir de main d’œuvre bon marché. Orphelins ou retirés à leurs familles, ils étaient régulièrement exploités et maltraités sans que les autorités de placement ne jugent nécessaire d’intervenir.

 

 

 

Les excuses

 

Fin et conséquences de l’action «Enfants de la grand-route»

 

Durant des décennies, les parents yéniches se sont battus en vain contre l’enlèvement de leurs enfants. Ce n’est qu’en 1973, suite à une campagne de presse, que l’action «Enfants de la grand-route» pris fin. Mais les conséquences se font sentir encore aujourd’hui.

Résistance, critique et dissolution de l’action «Enfants de la grand-route»

Dans la propagande de la fondation et durant longtemps aussi dans la presse, la lutte contre le mode de vie itinérant était présentée comme un grand succès. Les méthodes étaient justifiées par des études scientifiques. Les parents concernés étaient pour ainsi dire les seuls à s’y opposer. Ils se défendaient aussi avec des moyens juridiques, souvent avec l’aide d’avocats. Leurs recours émis contre les décisions des autorités tutélaires restaient malgré tout sans succès. La presse les a aussi ignoré pendant longtemps. Ce n’est que lors de la couverture médiatique de Hans Caprez dans le bimensuel Schweizerischer Beobachter que le public s’est scandalisé des événements, ce qui a finalement, en 1973, conduit à la fin de l’action.

«Réparation» symbolique

En 1986, les volumineux dossiers de tutelle des «enfants de la grand-route» ont été déplacés vers les Archives fédérales suite à une plainte administrative. Dans la même année, le Président de la Confédération Alphons Egli s’est excusé pour la participation financière de la Confédération à l’action «Enfants de la grand-route». Les excuses de Pro Juventute ont suivi en 1987. Finalement, le Parlement a accordé 11 millions de francs de «réparation». Malgré tout, les victimes n’ont pu percevoir que maximum 20 000 francs par cas. Ce dédommagement financier avait un caractère symbolique. Mais avec les excuses, il représentait la reconnaissance accordée à l’injustice et aux souffrances vécues.

Conscience de soi renforcée et recherche d’identité

Après la dissolution de l’action «Enfants de la grand-route», les gens du voyage se sont réunis au sein d’organisations et luttent depuis pour leur réhabilitation et pour la reconnaissance de leur mode de vie. Parmi leurs exigences, on retrouve la volonté de recherches historiques sur leur propre histoire en Suisse. Plusieurs publications ont été faites depuis ce jour

Depuis 1998, les gens du voyage sont reconnus comme minorité nationale. Malgré tout, leur mode de vie reste menacé.